Recrutement: place à la Génération Y

Gen Y
La génération Y a pénétré massivement le monde du travail au cours des dernières années, et elle entend bien remodeler notre façon de concevoir le travail.

La génération Y a tous les regards braqués sur elle, et pourtant ceux qu’on appelle aussi milléniaux ont l’art de rendre dingues de nombreuses personnes, particulièrement leurs parents boomers en pré-retraite ainsi que les membres de la génération X (mi- trentaine à fin quarantaine). Les baby-boomers ont voulu se faire entendre et ont enseigné à leurs enfants que les opinions importent. Maintenant qu'ils doivent partager le même lieu de travail, la génération Y s’attend donc à prendre activement part aux discussions, ce qui tend à être difficile, car les valeurs et les priorités de chacun peuvent être très différentes entre ces groupes d'âge.

La génération X quant à elle, alias la « génération Sandwich » est deux fois moins populeuse que celle des boomers. Coincés entre les deux, les X ont été élevés avec l’impression qu'ils devaient se battre pour avoir un impact ou gagner quelque chose, en partie parce qu'au moment où ils sont entrés sur le marché du travail, la récession frappait durement et le taux de chômage était catastrophique. Ils sont aussi la première génération à hériter d'un monde considéré dans un état pire que jamais auparavant, leurs prédécesseurs ayant gaspillé des ressources, fait un trou dans la couche d'ozone et dépensé sans compter.

Ces différences d'éducation et de culture peuvent être tout à fait troublantes en milieu de travail. De nombreux gestionnaires boomers peinent à embaucher et conserver leurs milléniaux en poste tandis que leurs collègues membres de la génération X peuvent s’avérer légèrement exaspérés par ces nouveaux venus ambitieux et infidèles. Alors, que faut-il pour séduire et garder ces talents en 2016?


Un style de gestion différent

La génération Ya été élevée dans un environnement ouvertement engagé et en questionnement de l’autorité, donc une gestion du type « ordonner et contrôler » peut ne pas donner les résultats escomptés. Les milléniaux ont tendance à être mal à l'aise dans des structures rigides et sont rebutés par les silos d'informations. Ils s’attendent à progresser rapidement et à obtenir des retours constants. Une vision claire et convaincante de l'avenir, ainsi que le respect des différences individuelles et culturelles sont d’autres principaux indicateurs de l'efficacité de la direction du point de vue des milléniaux. Essayez de partager et d’expliquer davantage que de coutume et vous pourriez être surpris à quel point ça peut affecter le niveau d'engagement de vos employés.

En Belgique, moins d'un millénial sur quatre s'attend à travailler pendant les heures normales de bureau. En Allemagne, la proportion tombe au niveau impressionnant de 17%, tandis que près de la moitié s'attendent à travailler principalement selon des horaires flexibles*. *Source: PwC


Plusieurs sources de motivation

De manière générale, la génération X vit pour travailler, alors que la génération Y (les milléniaux) travaille pour vivre. Ce que cela signifie, c'est qu'ils sont plus axés sur la recherche de sens que l'argent. Ils apprécient autonomie avant tout, et beaucoup d'entre eux préfèrent lancer leur propre entreprise plutôt que de travailler de neuf à cinq comme leurs prédécesseurs ponctuels et linéaires. Loin d'être paresseux, ils sont adeptes de la tendance du bleisure, mais préfèrent terminer une tâche à 20h et revenir au bureau à 11h le lendemain, incapables d’envisager que ça ne soit pas autorisé.

Et qui pourrait les en blâmer? Avec l'espérance de vie en augmentation et la génération X incapable de combler le fossé que les baby-boomers commencent à creuser en prenant leur retraite, la génération Y devra travailler pour soutenir une génération significativement plus grande et vieillissante. Bon nombre d'entre eux pourraient avoir à soutenir directement leurs parents et leurs enfants en même temps, tant émotionnellement que financièrement. Étant donné le contexte, il est essentiel de bâtir un programme de conciliation travail / vie privée concurrentiel qui comprennent notamment des horaires de travail flexibles.
Des responsabilités d’entreprise claires

À l’instar des marques de produits de consommation, les marques employeur affronteront un défi de recrutement et de rétention tandis que les attentes atteignent de nouveaux sommets. Non seulement les milléniaux sont attirés par les marques employeur qu'ils admirent en tant que consommateurs, mais ils cherchent également des employeurs avec des valeurs de RSE (responsabilité sociales des entreprises) correspondant aux leurs. Jusqu'à 86% des salariés envisageraient de quitter leur emploi si les valeurs de leur employeur ne répondaient plus à leurs attentes. En Suisse, une enquête de 2008 a même révélé que 30% des répondants de cette tranche d’âge refuseraient de travailler dans le milieu des marchés bancaires et financiers.
Une autonomie technologique

Première génération née à l'ère numérique, 41% de la génération Y préfèrerait communiquer par voie électronique qu’en personne ou par téléphone. Ils attendent de la technologie plus d’autonomie dans leur vie personnelle et plus d'innovation en milieu de travail. Cette relation avec la technologie peut créer des conflits avec les générations plus âgées puisque les mots peuvent être mal interprétés. Néanmoins, les milléniaux s'attendent à un écosystème incluant les réseaux sociaux, la messagerie instantanée, la vidéo sur demande, les blogs et wikis et utiliseront leurs propres appareils aux côtés de ceux qui leur seront fournis. Aussi étrange que cela puisse paraître aux gestionnaires boomers, ces outils leur permettent de se connecter instantanément, de collaborer et d’aller vers leurs collègues et managers de manière naturelle, ce qui amène à une meilleure productivité.

Cet article est le premier d'une série sur les défis de gestion des dernières générations d'employés, des sandwiches à la génération instantanée.